Henry Miller

Chaque jour où nous manquons à vivre au maximum de notre potentiel, nous tuons le Shakespeare, le Dante, l’Homère, le Christ qui sont en nous.
(Henry Miller, 1937)

Écrivain américain, né à New York le 26 décembre 1891 à 12h17 et décédé à Los Angeles le 7 juin 1980 à 16h, il développe très tôt un esprit profondément rebelle et refuse tout mode de vie conformiste. Il vit d’une multitude de petits emplois tout en poursuivant sa quête littéraire et métaphysique. En 1930, il vient à Paris où il réside jusqu’en 1939. C’est là qu’il publie son premier livre « Tropique du Cancer » (1934) auquel « Tropique du Capricorne » (1939) fait pendant. Il y retrace sa vie à New York et à Paris et notamment sa relation passionnelle et tumultueuse avec June Smith (28 janvier 1902, Russmoldavitza, Roumanie, 23°30E, 46°47N, 3h=1h17ut) de même que dans la trilogie « La Crucifixion en Rose » (« Sexus » 1949, « Plexus » 1953, « Nexus » 1960).

Sa relation avec Anaïs Nin durant son séjour à Paris est un fait marquant de sa vie affective. L’œuvre de Miller traduit la quête d’un homme pour devenir lui-même. S’il est vrai que la sexualité en termes parfois assez crus est présente dans ses livres (ils furent interdits aux États-Unis jusqu’en 1961), c’est toujours la quête d’être qui l’a motivé et non la pornographie comme des esprits bien pensants se sont plu à le dire. Cette démarche pour devenir un homme libre lui a valu de faire figure de sage spirituel. Il a grandement influencé la « Beat Generation » et, sans doute, d’une certaine manière, le mouvement de la contre-culture des années 60.

Comme je le raconte dans l’article D’Henry Miller à Dane Rudhyar, la « rencontre » avec Henry Miller a bouleversé ma vie et l’a orienté vers la quête de l’être. Henry Miller parle, dans tous ses livres, du sens de la vie et fait référence à nombre d’auteurs, de penseurs, voire d’hommes spirituels qui ont eux-mêmes étaient des phares qui ont éclairé et qui éclairent la route des chercheurs. Entre autres, il cite Dane Rudhyar et parle abondamment d’Astrologie. « Un Diable au Paradis » relate d’ailleurs sa relation assez difficile et parfois cocasse avec un astrologue qu’il avait connu à Paris, Conrad Moricand.

Pendant une année, j’ai arpenté les rues de Paris sur les traces d’Henry Miller. J’habitais dans une chambre de bonne, rue de Rennes, et je travaillais le matin à mi-temps comme « archiviste » dans une entreprise qui avait ses bureaux près de la Gare Saint Lazare. L’après-midi, je partais à la recherche de Miller, je lisais ses livres ainsi que les auteurs dont il parlait. Et comme il parlait d’Astrologie, je me suis mis à l’étudier. A cette époque, au début des années 70, on ne pouvait trouver quasiment que des livres d’Astrologie Traditionnelle, tels Hadès, Antares, Julevno, Choisnard… Ce n’était pas exactement ce que je recherchais, mais je les ai quand même abondamment étudiés, ce que je ne regrette pas. Seul André Barbault dénotait dans ce paysage déterministe et son œuvre, notamment son fameux « Traité Pratique d’Astrologie », a été, pendant quelques années, jusqu’à ce que je rencontre Germaine Holley, mon manuel de chevet. A ce titre, je rends grâce à André Barbault d’avoir été un guide à l’une des étapes de mon chemin d’astrologue et de chercheur.

Pour en revenir à Henry Miller, je signale un livre consacré à l’étude de son thème par une astrologue qu’il consultait lorsqu’il vécut à Paris : « Henry Miller et son destin » par Jacqueline Langmann. Ce livre, annoté par Miller lui-même, a été, finalement, mon premier manuel d’interprétation.

Sans doute lui dois-je aussi ma manière personnelle d’aborder l’Astrologie. L’Astrologie « objective », c’est-à-dire purement théorique et technique, qui ne s’applique qu’à des thèmes de grands hommes, de personnalités connus, n’a pour moi qu’un intérêt premier. Elle constitue, certes, un excellent exercice d’application technique et je m’en sers quotidiennement pour étudier les thèmes des personnes qui font l’actualité, hommes politiques, présentateurs de télévision, artistes, etc. De ce point de vue, elle joue un rôle important. Cependant, l’Astrologie Transpersonnelle est, avant tout, un chemin d’évolution, c’est pourquoi elle est complètement reliée aux grands enseignements de l’Humanité auxquels Rudhyar fait constamment référence. Il s’agit, pour chacun d’entre nous, de grandir en conscience, de s’éveiller et de transformer notre personnalité de telle sorte qu’elle soit le canal de la Conscience, pour atteindre finalement ce que les Hindous appellent la « libération ». C’est ce que Henry Miller, à sa manière, recherchait. Aussi son œuvre est-elle le témoignage de cette quête et c’est donc de sa propre expérience dont il parle dans ses livres. Mais, parlant de lui de la manière dont il en parle nous renvoie à nous-mêmes et nous pousse à rechercher le sens véritable de notre vie. J’ai fait mienne cette phrase qu’il a écrite et qui figure en exergue d’un numéro de la revue « Planète » qui lui était consacré en 1970 :

« Un véritable artiste renvoie le lecteur à lui-même, l’aide à découvrir en lui-même les richesses inépuisables qui lui appartiennent. Nul ne peut être guéri ou sauvé que par ses propres efforts. Le seul remède, c’est la foi. Quiconque utilise de manière créatrice l’Esprit qui est en lui est un artiste. »

L’astrologue est ainsi un artiste (on parle bien de l’art de l’interprétation) et il se doit de témoigner de son cheminement et de ses expériences au regard de l’Astrologie. La formation en Astrologie Transpersonnelle proposée par le CRET est, de ce fait, plus que l’apprentissage de techniques, une plongée en soi-même à partir de l’étude de son thème natal.

© Samuel DJIAN-GUTENBERG

 

 

 

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